Crise du carburant : les infirmières et infirmiers libéraux une nouvelle fois sous pression
Hausse brutale des prix, tensions à la pompe, rumeurs ou risques de pénurie… À chaque crise, le même sujet revient dans les cabinets et sur les tournées : le carburant. Pour les infirmières et infirmiers libéraux, ces épisodes ne sont jamais anodins. Ils viennent directement percuter le quotidien d’une profession dont l’exercice repose principalement sur la mobilité.
Chaque jour, les tournées s’enchaînent et les kilomètres s’accumulent pour assurer la continuité des soins à domicile. Alors lorsque les prix s’envolent et que l’approvisionnement devient incertain, la pression se fait immédiatement sentir : organisation des tournées plus complexe, inquiétudes face aux stations à sec et facture de carburant qui grimpe.
Ces dernières années l’ont montré à plusieurs reprises : lorsque les prix s’envolent, ce sont les professionnels qui absorbent directement l’augmentation des coûts. Et lorsque des tensions apparaissent sur l’approvisionnement, ce sont les tournées qui deviennent plus difficiles à organiser, avec des conséquences potentielles sur la prise en charge des patients.
Pour rappel, il y a deux ans, l’indemnité forfaitaire de déplacement (IFD) avait été revalorisée de 10 %, passant de 2,50 € à 2,75 €. Mais dans un contexte de hausses répétées du prix du carburant, cette revalorisation ne suffit pas à compenser la réalité des dépenses engagées pour se déplacer au quotidien.
La question n’est donc plus seulement celle d’un épisode ponctuel. Les crises liées au carburant se répètent : flambée des prix, tensions d’approvisionnement, risques de pénurie… Pour une profession qui parcourt des milliers de kilomètres chaque année pour garantir l’accès aux soins à domicile, ces situations deviennent une véritable fragilité structurelle.
C’est pourquoi le Sniil appelle aujourd’hui le gouvernement à ouvrir un travail de fond afin de mettre en place une solution plus pérenne. L’objectif est clair : anticiper ces crises plutôt que de les subir.
Derrière ces enjeux se trouve une réalité simple : lorsque les déplacements deviennent plus difficiles ou plus coûteux, c’est toute la chaîne de prise en charge à domicile qui peut être fragilisée. Et ce sont, in fine, les patients qui pourraient en subir les conséquences.
Garantir la capacité des infirmières et infirmiers libéraux à se déplacer dans de bonnes conditions, quelles que soient les crises, c’est aussi garantir la continuité des soins partout sur le territoire. C’est un enjeu de reconnaissance… mais surtout un enjeu d’accès aux soins.