Aide à mourir : les médecins décident, les infirmières et infirmiers exécutent ? Le Sniil dit non.
Ivry-sur-Seine, le 26 juin 2026 – Le 23 juin 2026, alors que l’aide à mourir constitue l’un des débats de société les plus importants de ces dernières années, l’Assemblée nationale a adopté, dans un hémicycle à moitié vide, un amendement excluant les médecins de l’administration de la substance létale. En quelques mots, ce texte fait peser sur les infirmières et infirmiers une responsabilité considérable, sans répondre aux enjeux humains, éthiques et organisationnels qu’elle implique.
L’exposé des motifs de l’amendement Lorho est limpide : « Cet amendement vise à s’assurer que les médecins ne violent pas le serment d’Hippocrate. ». Mais alors, pourquoi les infirmières et infirmiers devraient-ils, seuls, administrer la substance létale au domicile des patients, avec toute la charge humaine, psychologique et juridique que cela implique ?
Le médecin décide, prescrit et autorise. L’infirmière ou l’infirmier exécute. Le Sniil refuse cette logique.
Pourtant, le Sniil avait alerté les parlementaires en mai 2025. Nous avions déposé amendement visant à garantir la présence d’un médecin lors de l’administration de la substance létale par un infirmier. Nous avions alors écrit : « D’autres voies seront explorées afin de ne pas laisser seuls les infirmières et infirmiers libéraux dans ces situations extrêmement délicates. ». Cette proposition avait été rejetée. Un an plus tard, le scénario redouté devient réalité.
Certains nous répondront que les infirmiers disposent d’une clause de conscience. Certes, mais la clause de conscience ne répond pas au problème. Elle protège les professionnels qui refusent de participer à l’aide à mourir, mais elle laisse seuls ceux qui accepteront d’intervenir. Aucun accompagnement, aucune présence médicale, aucun soutien spécifique ne sont prévus.
Le vote solennel est prévu le 30 juin 2026, l’adoption définitive, le 15 juillet. Le Sniil demande aux parlementaires de supprimer cet amendement. Tant que médecins et infirmiers demeurent tous deux inscrits dans le texte, les futurs décrets pourront permettre une coprésence lorsque les professionnels et les structures le jugeront nécessaire. C’est cette souplesse que le Sniil défend, non pour imposer une contrainte supplémentaire, mais pour garantir que les infirmières et infirmiers libéraux ne se retrouvent jamais seuls face à cet acte.
Les infirmières et infirmiers libéraux ne sont pas une variable d’ajustement. Ils ne peuvent devenir les seuls professionnels chargés de porter un acte aussi lourd de conséquences.

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