Vaccins bientôt stockés au cabinet
Un décret et un arrêté, encore non publiés, s’apprêtent à changer la manière dont les infirmiers libéraux administrent certains vaccins. Le texte ouvre la possibilité de s’approvisionner directement auprès des pharmacies d’officine pour acheter et conserver, en cabinet, des vaccins contre la grippe saisonnière et contre la Covid-19, puis de les injecter lors d’une consultation ou d’une visite, sans que le patient ait à passer au préalable par la pharmacie. Une étape disparaît du parcours, et les occasions de vacciner se multiplient d’autant, notamment auprès des patients les plus fragiles ou les moins mobiles.
Cette simplification s’accompagne toutefois d’une difficulté de calendrier bien réelle. Les officines passent habituellement leurs commandes de vaccins antigrippaux dès le printemps pour constituer leur stock avant la campagne hivernale. Les textes n’étant toujours pas publiés à cette date, les infirmiers souhaitant s’inscrire dans ce nouveau circuit d’approvisionnement risquent fort de ne pas pouvoir s’organiser à temps pour la campagne 2026-2027. Le dispositif pourrait donc, dans les faits, ne réellement démarrer que pour la campagne suivante.
L’équipement nécessaire mérite d’être anticipé sérieusement. Le matériel informatique de traçabilité et la filière d’élimination des déchets de soins sont déjà en place pour l’activité quotidienne des infirmiers. L’enceinte réfrigérée avec enregistrement et suivi de la température représente en revanche un investissement réel, ces équipements médicaux coûtant nettement plus cher qu’un réfrigérateur domestique classique. La vérification et la désactivation du code de sécurité apposé sur chaque boîte de vaccin, formalité obligatoire avant toute utilisation, continueront néanmoins d’être assurées par le pharmacien au moment de la délivrance, sans que les infirmiers aient à s’en charger.
Reste une question d’organisation propre à l’exercice infirmier. L’essentiel de l’activité se déroulant au domicile des patients, les vaccins n’ont pas vocation à être transportés toute la journée dans le véhicule professionnel. Leur conservation reste centrée sur le cabinet, ce qui suppose d’anticiper les visites donnant lieu à une vaccination et d’organiser ses tournées en conséquence. Les infirmiers qui tiennent des permanences au cabinet gardent toutefois la possibilité de répondre à l’opportunité vaccinale sur place, le vaccin s’y trouvant déjà conservé.
La réussite du dispositif dépendra donc moins du texte lui-même que de la capacité de chaque cabinet à organiser concrètement cette nouvelle offre de vaccination autour de ses tournées quotidiennes.