Hommage à Jean-Luc

Jean-Luc Schmitt nous a quittés le jeudi 24 septembre 2026 à Coussey 88, son village fétiche, cousin de Neufchâteau et de Domré-my-la-Pucelle, pour son dernier voyage, comme il l’a dit, la maladie soudaine et intraitable ne lui ayant pas laissé le choix.

Après la fac de Lyon (géopolitique de l’Afrique) et une coopération à l’île Maurice, il entre à l’école d’inf à Paris, où il rencontre son épouse. Diplômés en 1979, ils partent travailler à l’hôpital de Neufchateau, bloc op et réa. Jean-Luc, depuis les années 80, était infirmier rural libéral dans l’Ouest vosgien, associé à Marine, Catherine et Mylène, ses « compagnones » de cabinet et de MSP. Son implication dans les soins infirmiers et dans le développement et la reconnaissance de la profession d’infirmier a rythmé son activité encore un peu plus. Bah ouais : juste soigner les patients, les chouchouter et leur permettre un accès aux soins dignes, ça ne suffisait pas. Et effectivement, ça ne suffirait pas non plus à notre profession bien souvent malmenée. Alors il s’est syndiqué au Sniil très tôt (certains disent qu’il était le 1er adhérent! merci le dino) pour formaliser son action et devenir le représentant du Sniil du département 88.

Il a porté devant nos instances (en Commissions Paritaires Départementales Infirmières) les combats contre le gel des indemnités kilométriques (vitales en zone rurale), les négos autour du zonage et pour une simplification de la bureaucratie médicale. Entre autres, bien sûr.

Vous avez pu le lire lors d’interview à Vosges Matin : régulièrement sur la hausse des carburants et l’impact sur l’infirmière libérale, en 2019 lors des manifs des infirmières en colère, ou lors du COVID, où, dès les premiers jours, il a su décrire la réactivité des infirmières libérales pour prendre en charge la population dans le contexte d’urgence sanitaire que nous avons tous encore en mémoire. C’est en 2009-2010 qu’il installe, aux côtés de Claudine Gillant, l’URPS Infirmière Lorraine à Nancy, en dialogue avec l’ARS, avec pour objectif de montrer et de valoriser la place essentielle et incontournable de l’infirmière libérale dans le parcours de santé et son rôle pivot essentiel auprès des patients. La rencontre avec les infirmières se fait au travers de cafés URPS pour échanger et débattre des réalités du terrain et apporter les infos indissociables au bon exercice de la profession. Et c’est au bout de 5 ans et demi de mandat que l’URPS Lorraine devient l’URPS Grand Est.

Il a fait partie de ces hommes et femmes engagés, avec ses autres homologues infirmiers, à tisser cette toile des Vosges à l’Alsace, en repartant sur la Meurthe-et-Moselle en passant par la Meuse pour atteindre et rallier les Ardennes, la Marne, l’Aube et la Haute-Marne. Cette toile est aujourd’hui une partie de notre identité Infirmière, son parlement aussi et une proposition dynamique pour notre offre de soins.

En 2016, il est donc à nouveau élu à l’URPS Grand Est qu’il quittera en 2020 pour retraite enfin… Mais ne vous y trompez pas, certes, il a enfin pu jouir à sa guise de sa famille, mais pas sans s’engager à nouveau pour des causes justes et chères à ses fondements d’hommes, ses valeurs et ses convictions.

La puissance d’un homme est peut-être son calme, sa sérénité et sa détermination à avancer tout en partageant avec les autres. C’était un souffle chaud pour la profession, un «frère de lance», mais surtout un homme qui a su construire un socle d’amour avec sa femme, sa vraie puissance.

Le Sniil 88, le Sniil, l’URPS Grand Est, ses com-pagnon·e·s de route et ami·e·s présentent leurs sincères condoléances a la famille.

P.FRANÇOIS