En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies...

CONTACT : | APPLI : | NEWSLETTER

Paris, 23 septembre 2013. – Lancée ce jour par Mme la Ministre Marisol Touraine, la Stratégie Nationale de Santé a été présentée comme une « refondation totale du système de santé ». Promettant une « révolution du premier recours », elle apparaît en fait, aux yeux du Sniil, premier syndicat infirmier libéral, comme un retour en arrière. Ne donnant aucune lettre de noblesse aux « paramédicaux » parmi lesquels les infirmières. Mais ré-affublant plutôt ces dernières de cornettes.

Ainsi, désormais, selon le discours prononcé par Marisol Touraine, « les professionnels de santé » devront travailler « en équipe autour du médecin traitant »[1]. Et non pas « autour du patient ». Cette différence de taille place donc encore et toujours, le seul médecin au cœur du dispositif de santé, niant d’office les compétences et l’autonomie des autres professionnels de santé… et allant à l’encontre des besoins des patients.

 

Souhaitant officiellement réduire les inégalités existant dans notre système de santé, Mme la Ministre en instaure donc là une autre : l’inégalité de traitement entre les différents professionnels de santé. Avec en premier, le médecin élevé au rang de « pivot de la politique de prévention », mais aussi de « pivot du parcours de soins des personnes » ; et à la traîne, les autres professionnels de santé, qui n’auront d’autres missions que de suivre ses consignes.

 

Le tout, a reconnu la Ministre, alors que « les déserts médicaux sont une réalité pour des millions de Français »… et que l’on se demande comment, dans ce contexte démographique tendu, les médecins pourront réellement assumer ces nouvelles missions…

 

Dénonçant le manque total de concertation avec la profession infirmière qui a prévalu à l’élaboration du rapport Cordier et à celle de la Stratégie Nationale de Santé, le Sniil, regrette ce retour, de fait, au « tout-médecin » mis en place par le gouvernement. Il déplore, de plus, la méconnaissance totale de la réalité de la part de Mme la Ministre et de ses services : tenant à rappeler que, sur le terrain, ce sont bien les infirmières libérales, seules tenues par la loi à la continuité des soins, qui sont en première ligne auprès des patients 7j/7j et 24h/24h. Et ce, sans avoir obtenu aucun titre d’ « infirmière clinicienne » ou même d’autorisation pour la délégation de certaines « tâches » qu’elles effectuent pourtant quotidiennement.

 



[1] Cf. p. 19 du discours prononcé par Mme la Ministre lors de la présentation de la Stratégie Nationale de Santé le 23 septembre 2013.